
C’est grâce à Claude Pelletier, auteur et grand aficionado bayonnais devant l’Éternel, que nous avons connaissance du texte fondateur de la tauromachie en France. Ce décret, édité en l’an 1289 par les Anglais, qui administrent alors Bayonne, interdit aux bouchers de lâcher taureaux et bovins dans les rues afin de leur courir après. Ce texte fait de Bayonne la plus ancienne ville taurine de France.
Pour voir la première corrida de l’ère moderne en France, il faut attendre six siècles de plus : nous sommes le 21 août 1853, et c’est toujours à Bayonne que cela se passe, dans une arène en bois de Saint-Esprit, sur l’actuel emplacement de l’école maternelle Jules Ferry. C’est sous l’impulsion de l’impératrice Eugénie de Montijo, de sang espagnol, qu’est organisé ce spectacle historique. 3 500 personnes se pressent pour applaudir les exploits du maestro sévillan Francisco Arjona « Cúchares », meilleur torero de l’époque.
Après la tenue de corridas dans plusieurs arènes en bois, les Bayonnais décident de construire une arène « en dur ». Le plateau de Maledaille, à l’ouest de la ville, est alors quasiment désert : il va accueillir les Arènes de Lachepaillet, qui seront inaugurées le 30 juillet 1893. Elles peuvent alors accueillir 7 000 personnes.
Les Arènes, dont la capacité est désormais poussée à 10 000 personnes, sont les plus grandes du Sud-Ouest. Elles se visitent au printemps et en été, en visite guidée ou en visite libre. Vous pourrez découvrir, en coulisse, des lieux insolites qui sont d’ordinaire fermés au grand public. Les corrales, dans lesquels attendent les six taureaux d’une corrida avant leur combat ; le patio de caballos, sorte d’écurie où se réunissent picadors et toreros avant la course ; la chapelle des Arènes, de couleur bleu pastel ; et l’indispensable infirmerie, qui a peu à peu mué en véritable bloc chirurgical.